Roman graphique – Un prof en Guyane (pitch, lettre d’intention, storyboard et recherches)

Bonjour à tous,

J’avais dans l’esprit depuis un moment de faire un projet autour de mon expérience de professeur de FLE/FLS en Guyane. Beaucoup de choses à dire et surtout beaucoup d’inconnus pour toute personne ne vivant pas dans ce département atypique. Voici donc les premières infos et images concernant se projet co-réalisé avec JPTom.

Voici le pitch : « Jeune professeur de Lettres en début de carrière, Alexis décide de quitter sa banlieue parisienne en postulant pour l’Académie de Guyane. Une fois muté, il découvrira une vie bien différente de sa banlieue originelle. Seulement, derrière l’exotisme apparent se cache quelques problèmes qui trouveront leur point d’orgue dans le mouvement social de mars 2017 qui paralysera ce bout de France pendant un mois. »

La lettre d’intention :

« Département français souvent méconnu en métropole, la Guyane représente pourtant pour un jeune professeur une des rares possibilités de mutation. Au même titre que l’Académie de Versailles ou de Créteil, la demande en moyen humain est importante dans ce “pays” voisin du Brésil. Si aux premiers abords, la nature est enchanteuse et le cadre ou le rythme de vie tranchent avec ce que l’on peut connaître en région parisienne ou dans les grandes villes métropolitaines, la réalité du quotidien témoigne de quelques problèmes plus inquiétants.

Terminant actuellement ma deuxième année en Guyane, j’ai attendu un an pour mûrir ma première expérience guyanaise et la traiter sous la forme d’un roman graphique. Au fil des discussions avec ma famille et amis métropolitains, je me suis rendu compte à quel point cette France était ignorée en métropole. Au-delà du récit d’un des mouvements sociaux les plus importants du département, immobilisant tout ou presque pendant un mois, ce témoignage était également l’occasion d’aborder les grands défis et problématiques d’un département pas comme les autres.

A côté des marchés enchanteurs aux fruits inconnus, on découvre que des bidonvilles continuent d’exister en France; derrière la sérénité de la vie de tous les jours, on est surpris par le réseau électrique d’un autre temps; sous la jungle renfermant une biodiversité incroyable, on liste des manques logistiques incroyables comme une cantine centrale pour six écoles environnantes ainsi que le manque de tables et de chaises dans les écoles.

Si la Guyane est un département vaste et plein de qualités, et ce roman graphique en parle et les valorise comme cette mosaïque d’identités mêlant des peuples venus d’Asie, d’Europe et d’Amérique du sud, je tenais à aborder un aspect spécifique, à savoir l’éducation et la langue. En tant que professeur, on se retrouve en effet à enseigner à des élèves souvent patients et dociles des savoirs calqués sur la réalité métropolitaine (réalité météorologique inexistante : neige, Histoire de l’Europe comme le mur de Berlin, romanciers métropolitains ou européens). Des connaissances abstraites pour la plupart des étudiants n’ayant parfois jamais quitté leur village. Si la Guyane est riche d’une quarantaine de langues, l’enseignement se fait en langue française, ce qui est problématique pour un département où 75% de la population arrive à l’école primaire sans parler un mot de français. Malgré la bonne volonté des étudiants, le taux de réussite au baccalauréat questionne également avec des résultats bien inférieurs à la moyenne nationale.

La Guyane interroge, comme le fit de manière plus ou moins claire le mouvement social de mars 2017, sur la gestion par la France de ses anciennes colonies devenues départements (en 1946 pour la Guyane). Que faisons-nous de ce bout de France en Amérique de sud ? La France est-elle encore légitime dans l’exercice de son pouvoir à l’heure où la plupart des anciennes colonies sont devenues des pays indépendants (Suriname, Guyana, etc.) et où les référendums d’autodétermination font de plus en plus leur retour (Le référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie) ? Autant d’interrogations pointant de grands défis dont nous devons nous emparer…et déjà connaître.

Toute oeuvre est empreinte d’une certaine subjectivité. J’ai tenté malgré tout d’être le plus objectif dans mon récit. Témoignage forcément personnel mais interrogeant à chaque fois à partir de situations du quotidien des problématiques sociétales, linguistiques ou éducatives en gardant une certaine légèreté pour éviter tout didactisme appuyé. A la fin du récit, quelques pages de bibliographie/sitographie dirigeront vers des articles de fond de sociologues ou linguistiques permettant au lecteur de se forger sa propre opinion sur le portrait de la Guyane que j’ai tenté de faire. »

Un extrait du storyboard réalisé par mes soins :

Et des recherches de JPtom :

 

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